Sufréquentation : la maîtriser et monter des projets dédiés

Pression sur la biodiversité et les paysages, conflits d’usage, incivilités, problèmes de sécurité… dans un contexte de changement climatique et de manque de moyens humains et financiers : la problématique de l’hyperfréquentation, constatée en 2020 et appelée à s’intensifier à l’avenir, mobilise Rivages de France et ses adhérents. Nourries par de nombreux échanges et retours d’expérience, des actions sont mises en place par les gestionnaires sur leurs territoires et notre association entend bien les y aider concrètement…

De la régulation à l’adaptation, les gestionnaires sont déjà dans l’action… 

Le Parc national des calanques a acté fin 2020 le principe de la prise de mesures de régulation, et un document Enjeux, stratégie d’intervention et propositions de mesures pour la haute-saison 2021 a été élaboré. Parmi ces mesures, une campagne de démarketing dont voici un morceau choisi : « Massif montagneux en bord de mer, les Calanques offrent peu de plages. Situées au creux des criques, dénuées d’équipements, elles sont souvent difficiles d’accès, exiguës et prises d’assaut pendant la période estivale » ! 

Calanques

Autre démarche, celle du RREN PACA (Réseau régional des acteurs Provence-Alpes-Côte d’Azur) qui anime un groupe de travail sur la gestion des flux touristiques – avec l’implication du Comité régional de Tourisme PACA, qui lance une campagne de sensibilisation des visiteurs des espaces naturels – dans laquelle s’investit notre administrateur et président des Amis du marais du Vigueirat Jean-Laurent LUCCHESI. Dans ce cadre est prévu la rédaction d’un constat en support à la mise en place d’actions pour gérer la fréquentation des sites, l’objectif étant par la suite d’élaborer un schéma d’accueil adapté à chacun des sites sur le long terme. 

Jean-Laurent Lucchesi

“On fait le constat d’une surfréquentation associée à un public qui n’est pas habitué à nos espaces. Nos sites ont été submergés. Il y a des solutions à mettre en place pour gérer les flux, d’autres solutions type « démarketing » ou renvoi vers d’autres sites moins fréquentés. Cette situation est aussi une opportunité, une chance : celle de toucher un public différent, de lui faire connaître et apprécier nos espaces tout en les respectant. C’est une piste de travail importante car ce phénomène ne va pas baisser, d’où l’obligation de nous adapter à ces nouveaux publics”, estime-t-il. 

…et Rivages de France va bientôt leur faire une proposition 

Rivages de France a commencé à ébaucher des pistes pour conférer aux gestionnaires des habilités et des moyens destinés : 

  • à répondre aux phénomènes d’hyperfréquentation, d’incivilités et de dérangements de la biodiversité, 
  • mais aussi à exploiter les opportunités en termes d’accueil et d’éducation de nouveaux publics. 

Est actuellement à l’étude la mise en oeuvre d’un dispositif d’accompagnement méthodologique et opérationnel de nos gestionnaires. De quoi les aider à développer des projets dédiés à la gestion de la fréquentation de leur site, via une assistance dans le montage de projets concrets et des dossiers de subventions possibles et adaptées. Dans un premier temps, un webinaire thématique co-animé par un intervenant spécialisé pourrait permettre d’apporter aux adhérents une information préalable sur le sujet et d’étalonner leurs besoins. 

Mise en débat lors de la réunion du conseil d’administration du 28.04.2021, cette proposition a suscité intérêt et suggestions de la part des administrateurs : 

  • Yann HÉLARY, vice-président Aquitaine de Rivages de France : “Il faut donner à nos membres – notamment les communes et intercommunalités aux services et aux moyens les plus limités – des clefs simples et pratiques pour répondre aux appels à projets de l’État, des préfectures, région et départements… En effet, Il existe aujourd’hui toute une série de financements possibles, destinés à favoriser la relance économique.” 
  • Le président Didier RÉAULT estime que “Rivages de France est un passeur d’expériences et d’analyses venant de tous les coins de France. Elles peuvent être sources d’inspiration pour les gestionnaires et petits opérateurs publics, aux moyens techniques modestes. On pourrait travailler sur un “label” Rivages de France.” 
  • Rémi CLUSET, directeur technique de l’EID Méditerranée : “Favoriser la fréquentation des sites locaux peut-être vu par le gouvernement comme un facteur de développement économique. Il pourrait y avoir une veille sur les appels à projet et des éléments clefs pour y répondre.” 
  • Saïd EL MANKOUCH, directeur du SyMEL : “Ce que peut aussi apporter Rivages de France, c’est montrer la diversité des gestionnaires, de toutes tailles mais avec des objectifs communs, tels que l’accueil du public. Cette thématique est souvent exclue des appels à projets !” 
  • Mathias BIGORGNE, directeur-adjoint du Conservatoire du littoral : “Il existe un projet de loi climat et résilience sur la régulation de la fréquentation. Point positif : 70 % des projets du Conservatoire présentés dans le cadre du plan de relance ont une composante accès du public. Le CDL va donc pouvoir fortement investir dans ce domaine-là.” 
  • Robert CRAUSTE, maire du Grau-du-Roi (30) : “La difficulté d’ingénierie pour monter des projets est récurrente. Le dispositif « Petite ville de demain »» est un programme qui accompagne les projets de territoire. On pourrait suggérer d’y intégrer un volet espaces naturels.”