Enjeux financiers de gestion : « Aide-toi, le ciel t’aidera »… Et pourquoi pas l’État ?
par Didier RÉAULT

Les bouleversements en cours dans le champ politique national et international nous questionnent et nous mobilisent. Dans ce contexte mouvant, Rivages de France entend que son action et celles de ses adhérents, volontaristes et motivés par la gestion des espace naturels littoraux et lacustres préservés, soient dument connues, reconnues et encouragées afin d’en garantir la pérennité, menacée budgétairement…

En annonçant le 1er juin dernier la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le président Donald Trump a pris une décision de dinosaure, celle de la fuite en avant et de la mise en danger de la Terre ! Certes, en France, la condamnation a été quasi unanime, mais rime-t-elle forcément avec « mobilisation » sur de tels grands enjeux ?

Rappelons qu’au nom de Rivages de France, j’avais adressé une lettre ouverte aux 11 candidats à l’élection présidentielle, les questionnant au regard des enjeux et préoccupations des gestionnaires et des partenaires de la gestion des sites littoraux et lacustres préservés. Nous n’avons reçu que… deux réponses…

Le nouveau pouvoir exécutif et la recomposition législative qui se dessine impliquent plus que jamais pour Rivages de France d’affirmer sa légitimité, ses valeurs, son rôle fédérateur et moteur pour la préservation d’espaces exceptionnels, de faire valoir la réalité et l’efficacité des efforts de ses adhérents gestionnaires et partenaires de la gestion sur leurs territoires… mais aussi d’alerter sur les perspectives avérées qui menacent la pérennité même de cette action d’intérêt public !

En effet, Rivages de France et le Conservatoire du littoral ont entrepris un travail collaboratif déterminant sur « les enjeux financiers de la gestion » : volontaristes, les gestionnaires et les partenaires de la gestion n’en sont pas moins confrontés à une inextricable équation, entre contraintes budgétaires limitant leur marge de manoeuvre, accroissement annoncé des surfaces à gérer* (qui se traduira mécaniquement par l’augmentation de leurs charges de fonctionnement), nouveaux usages et exigences évolutives des populations et des visiteurs de leurs territoires.
* Propriétaire d’une majorité des espaces gérés, le Conservatoire du littoral, dans sa mission foncière fixée par l’État, prévoit d’acquérir le “tiers sauvage“ d’ici 2050, soit 160 000 ha supplémentaires de surfaces littorales protégées, pour atteindre un total de 320 000 ha répartis sur 1 000 sites.

Aussi, dans le cadre du travail en cours, nous explorons sans exclusive toutes les pistes de solutions envisageables. Si nous ne pourrons pas gérer « plus avec moins », nous pouvons gérer « différemment » : tendre vers davantage de naturalité, valoriser économiquement l’exploitation des sites, mutualiser et coopérer… Pour autant, le concours de l’État sera indispensable pour maintenir en quantité et en qualité nos indispensables dispositifs de gestion.

Nos temps forts institutionnels décentralisés (CA en juillet à La Teste de Buch, assemblée générale en novembre à Deauville, en prélude du Forum national du littoral co-organisé avec le Conservatoire du littoral) et nos rencontres régionales de gestionnaires (Hauts de France en juin, Atlantique en juillet, Bretagne en octobre, Méditerranée en projet…), constituent autant d’occasions de débattre, nourrir nos réflexions et formaliser des mesures innovantes, pour les porter à terme à l’examen et obtenir des réponses et engagements concrets du gouvernement et du législateur.

Dès à présent, ils peuvent juger de notre volontarisme et de notre capacité d’innovation et d’action, concrétisées par exemple aujourd’hui avec la parution de notre guide NETTOYAGE MANUEL DES PLAGES : Ses dix avantages et six témoignages, assortie de la mise en ligne d’un espace internet dédié : une forte promotion pour une démarche exigeante qui contribue à résister à l’érosion côtière, favoriser la biodiversité, reconquérir des paysages naturels, apporter une réelle plus-value écologique et économique aux territoires… Preuve que les gestionnaires savent d’abord faire leur le proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera » !