À l’occasion d’une récente rencontre avec Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire, j’ai fait valoir que les gestionnaires exercent souvent avec peu de moyens dans des territoires parfois oubliés de l’État ! Et que s’ils développent des méthodes innovantes de gestion en termes de moyens financiers et logistiques, de compétences, de partenariats économiques, ils n’en ont pas moins besoin de l’appui de l’État pour accompagner leurs changements de pratiques… Et inversement !

Rivages de France est, avec les autres grands réseaux (RGSF, RRNF, FPNR), un des vecteurs de transmission de ces propositions, lesquelles sont ensuite débattues au sein de la Conférence des Aires Protégées (CAP) à l’Agence française de la biodiversité (Office français de la biodiversité à compter du 1er janvier 2020). Ès président de Rivages de France, je représente d’ailleurs les gestionnaires d’espaces naturels littoraux au sein de la CAP, dont le rôle s’avère toujours plus stratégique, qui plus est au regard de nouvelles perspectives.

En effet, en mai dernier, le Président de la République annonçait vouloir porter à 30 % la part de nos aires marines et terrestres protégées. Dans ce but, le ministère de la Transition écologique et solidaire a engagé l’élaboration d’une nouvelle stratégie unique rassemblant l’ensemble de ces aires de métropole et d’outre-mer. Le coup d’envoi en a été donné le 25 octobre à Biarritz, au lendemain du 4e colloque national des aires marines protégées.

Cette stratégie sera assortie d’un programme d’actions concrètes adaptées aux enjeux des territoires. Sa construction doit donc mobiliser les collectivités, têtes de réseau des aires protégées, acteurs socio-professionnels, associations de protection de la nature et représentants des instances nationales de la biodiversité.

Au sein du comité de pilotage politique du processus, la représentation des réseaux de la CAP rassemblera son président, le CELRL, l’ONF, le Réseau des parcs nationaux et deux “invités” par le ministère : pour la terre, la présidente de Réserves naturelles de France et pour la mer… le président de Rivages de France ! Notre association fera en outre partie de 2 des 5 groupes de travail : le 1er, “Un réseau complet et cohérent” (extension du réseau d’aires protégées, protections fortes) et le 4e, “Un réseau d’aires protégées intégré dans les politiques et les territoires”.

Pour Rivages de France, c’est une satisfaction et une grande responsabilité que de contribuer à l’ambition collective portée par cette future stratégie, dans la perspective du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille en juin 2020 et de la Conférence des Parties à la convention sur la diversité biologique en Chine fin 2020.

Si Rivages de France assoit sa légitimité et est présente là où il faut, c’est qu’elle fait ce qu’il faut face aux enjeux de gestion, de protection, de valorisation des espaces naturels littoraux et lacustres, dans un très problématique contexte de changement climatique, d’érosion et de risques côtiers, d’accroissement des surfaces à gérer… avec des moyens limités mais une indéfectible volonté !

Notre dense vie institutionnelle, nos actions thématiques, nos rencontres régionales, nos services et partenariats inédits, participent de cette dynamique très soutenue en 2019, qui se renforcera encore en 2020 : année d’élections municipales, donc d’arrivée de nouveaux élus à informer et fidéliser ; année de célébration de nos 30 ans et de projection dans les 30 ans à suivre ; année qu’au nom de Rivages de France, je souhaite la meilleure à chacune et chacun d’entre vous.

Didier RÉAULT
Président de Rivages de France