Il y a quelques semaines, je vous présentais les voeux de Rivages de France pour 2020, sous le titre “Être là où il faut et faire ce qu’il faut”. Je n’imaginais pas alors à quel point les évènements allaient contrarier ce volontarisme affiché…

Il y a eu tout d’abord la programmation sur janvier/février des réunions de groupes de travail – auxquels Rivages de France participe activement – pour l’élaboration de la stratégie de création des aires protégées. Il est pour le moins inopportun et regrettable d’avoir programmé ces travaux en pleine campagne électorale, période laissant peu de disponibilité et de latitude d’implication aux élus/gestionnaires d’espaces, candidats aux élections municipales ! Néanmoins, la mission est exaltante et les propositions riches pour aboutir à un réseau complet et cohérent ; un réseau de qualité grâce à une gestion efficace et efficiente ; un réseau support d’usage durable ; un réseau intégré dans les politiques et les territoires ; un financement des aires protégées.

Puis, la crise sanitaire liée au coronavirus s’est amplifiée, nous donnant malgré tout à vivre un 1er tour de l’élection quelque peu surréaliste et tronqué, pour aboutir immédiatement après au strict confinement que nous connaissons depuis lors. À cet égard, mes pensées se tournent vers celles et ceux qui aujourd’hui, dans notre pays et partout dans le monde, sont en première ligne pour sauver des vies au péril de la leur ou pour maintenir des services essentiels à la population.

Quand cette éprouvante période prendra fin, viendra le temps d’en tirer des enseignements, de questionner notre modèle sanitaire et social, mais aussi économique et écologique. Viendra le temps de la relance du Pays mais aussi de la reprise de son expression démocratique avec le 2e tour des élections municipales. Quels qu’en soient la date et les résultats, celles-ci porteront aux responsabilités de nouveaux élus communaux et intercommunaux. Rivages de France s’emploiera à leur réexposer les réalités et perspectives de notre grand réseau national de gestionnaires d’espaces littoraux et lacustres préservés. En l’espèce, nous ne partons pas de rien…

Créée en 1990, notre association conduit en effet depuis plusieurs années une opiniâtre stratégie de développement extensif. Portage politique de grands enjeux de gestion (représentation des gestionnaires, pérennisation de moyens financiers, changement climatique/érosion côtière…), animation du réseau (rencontres régionales, échanges d’expériences), valorisation des gestionnaires (web, réseaux sociaux, guides), offre de services (conseil, juridique, AMO, formation) : le succès de la démarche se mesure aujourd’hui en reconnaissance de notre légitimité, en nouvelles adhésions, en fréquentation de nos évènements, en sollicitations variées de notre expertise reconnue…

De surcroit, la politique et les actions de la préservation des littoraux et des lacs, menées par Rivages de France et les gestionnaires, participent indéniablement à la qualité optimisée de l’air, de l’eau, de la biodiversité, des paysages ; au développement d’activités vertueuses et d’emplois non délocalisables ; au bien-être des populations riveraines, des usagers et visiteurs. Toutes et tous, je sais qu’il vous tarde de parcourir à nouveau ces espaces beaux, bons et SAINS dont, à l’aune de l’actuelle pandémie, il nous faudra plus que jamais pérenniser la gestion et les trésors de bienfaits.

De tout ce qui précède, il devrait être question le 4 novembre prochain au Musée maritime de La Rochelle : Rivages de France fêtera ses 30 ANS, le temps d’une grande soirée rétrospective, prospective, roborative et festive qui donnera à découvrir, réfléchir, rire ensemble (surveillez vos courriels : des surprises s’annoncent…). Au plaisir de s’y retrouver, de pouvoir librement se serrer la main ou de s’embrasser… et d’embrasser ensemble l’avenir : il n’est pas né, le virus qui nous en empêcherait !

Didier RÉAULT
Président de Rivages de France