Diversité et richesse

Avec 8 885 kilomètres de linéaire côtier (métropole et départements d’Outre-mer) et plus de 11 millions de km² de domaine maritime (le deuxième au monde), la France possède un patrimoine naturel littoral et maritime exceptionnel. Interface entre la terre et la mer, le littoral est un espace où l’on rencontre une grande diversité de milieux (plages, dunes, falaises, récifs coralliens, marais et étangs littoraux, mangroves, herbiers…), d’une richesse exceptionnelle du fait des interactions qui s’y établissent. Par exemple :

  • 75 % des espaces d’importance majeure désignées par la Directive européenne « Habitats » sont sur le littoral ;
  • le littoral accueille plus d’un million d’oiseaux l’hiver (50 à 60 % des oiseaux d’eau hivernants en France).

Au-delà de leur valeur patrimoniale, tous ces milieux sont sources de nombreuses fonctionnalités écologiques, économiques et sociales. Par exemple :

  • les zones humides ont un rôle bénéfique en matière d’épuration de l’eau et en tant que zones d’expansion des crues ;
  • les mangroves permettent de mieux résister aux submersions marines, sont des lieux de croissance et d’alimentation pour de nombreuses espèces de poissons et crevettes, de nidification pour les oiseaux ;
  • la laisse de mer (dépôts naturels d’algues, de coquillages… apportés par la marée) abrite de nombreuses espèces animales et permet le développement d’une végétation qui fixera le sable, contribuant ainsi à la formation des dunes et à la lutte contre l’érosion des plages ;
  • l’estran est un lieu de production de coquillage, de reproduction et de nourricerie pour de multiples espèces ;
  • de manière générale, la qualité des milieux et des paysages littoraux est un atout fort pour les territoires concernés en termes de croissance démographique et de fréquentation touristique.

Fragilité et menaces

Résultant d’une association complexe et équilibrée entre des espèces et leur milieu, les écosystèmes littoraux sont par nature fragiles, et les menaces qui pèsent sur eux nombreuses…

Altération des milieux :

  • par la pollution, d’origine accidentelle, volontaire ou diffuse, et de différentes natures : hydrocarbures, fertilisants, pesticides, métaux lourds, macro-déchets, etc.
  • par l’exercice de pratiques incompatibles avec un bon état de conservation : surexploitation des ressources, fréquentation excessive et anarchique, mesures de gestion inadaptées… Par exemple, un nettoyage trop intense des plages en fait des milieux stériles, en les privant de la laisse de mer, source de vie sur les hauts de plage et barrière naturelle contre l’érosion côtière.

Fragmentation et destruction des milieux
Les espaces naturels littoraux sont victimes d’une artificialisation* et d’une urbanisation intenses :

  • 2,7 fois plus de terres artificialisées et 2 fois plus de milieux ouverts, surfaces en eau et zones humides
  • Une pression de construction de logements 3 fois plus élevé que la moyenne
  • Une pression de construction de locaux non résidentiels 2 fois plus élevé que la moyenne

* Selon l’inventaire CORINE Land Cover, les espaces artificialisés comprennent les zones urbaines, les zones industrielles et commerciales, les réseaux de communication, les chantiers, les mines, les décharges, les espaces verts et/ou de loisirs.